Pour répondre à la question, penchons-nous d’abord sur deux exemples de révolutions étroitement liés, bien que séparés de quelques siècles : l’imprimerie et l’ère de l’information.

L’imprimerie : le grand bond en avant

C’est en 1439 que Johannes Gutenberg invente la presse d’imprimerie. Alors que l’invention est de nature technologique, la révolution qui s’ensuit s’avère beaucoup profonde. Dans l’Europe des XVe et XVIe siècles, l’imprimerie commence à changer la façon dont les gens interagissent entre eux et marque le début d’une nouvelle ère de communication de masse, allant jusqu’à altérer la manière dont l’éducation elle-même est transmise.

Avant l’avènement de l’imprimerie, tous les livres étaient manuscrits, soit écrits à la main, et dans bien des cas sans espaces entre les mots, les rendant difficiles à lire (vouscomprennezpourquoi).

Les livres ont commencé à devenir des supports physiques réunissant connaissances religieuses, mathématiques et géographiques. Ils étaient extrêmement rares, et réservés aux mains des savants et de l’élite, ce qui fait que seule une infime minorité de la société médiévale avait accès à leurs précieuses connaissances.

L’invention de l’imprimerie a permis de rendre les livres plus abordables, de les diffuser beaucoup plus largement et d’en améliorer la lisibilité en remplaçant l’écriture manuscrite par les caractères d’imprimerie – ces caractères qui sont à la base des polices tapées à l’ordinateur que vous lisez en ce moment (et heureusement, puisque je peux à peine relire ma propre écriture).

L’ère de l’information

 Avançons à vitesse grand V jusqu’au début des années 1990 : le Web commence à s’installer sur Internet. Sa croissance explose en quelques années, alors que des quelque 50 sites web répertoriés dans le monde en janvier 1993 on passe à plus d’un milliard en avril 2016. Le Web est aujourd’hui considéré comme un outil omniprésent dans nos vies et les connaissances disponibles par le biais de n’importe quel moteur de recherche sont sans limites.

L’ère de l’information a remplacé l’ère industrielle dans l’histoire humaine et on ne manque pas d’exemples sur la façon dont elle a transformé la société et dont elle continue de le faire. Elle a entraîné plusieurs bouleversements : économies axées sur la connaissance, effet Google, big data, troubles de dépendance à Internet, guerres cybernétiques, réseaux sociaux et bien plus.

La révolution de l’apprentissage

Alors que l’imprimerie a ouvert l’accès à l’apprentissage, la pédagogie numérique a-t-elle une influence aussi considérable sur l’éducation et la société? Son impact est en fait majeur, et je propose à ce sujet une réflexion en trois points.

Premièrement, l’accès à n’importe quel type d’information est grandement facilité par l’usage d’ordinateurs, de téléphones intelligents ou de tablettes, et souvent gratuitement. Un étudiant du secondaire ou du collégial qui souhaite en connaître davantage sur l’algèbre peut notamment consulter la Khan Academy, une ressource inestimable en la matière. Il peut aussi accéder à des milliers de cours en ligne ouverts massivement (CLOM ou MOOC, en anglais) par l’intermédiaire de fournisseurs tels que edXCoursera, iTunesUFutureLearn ou encore OpenClassRooms.

De l’astronomie à la gestion d’entreprise en passant par les sujets touchant à la santé et la société, l’offre des MOOC est des plus variées. Quiconque souhaite apprendre à faire une baguette française chez soi, comme je l’ai fait, peut se tourner vers YouTube (j’ai assez bien réussi la mienne, bien que je ne sois pas boulanger de profession). Bref, des STEM (science, technology, engineering, and mathematics) à la programmation, du marketing aux nouvelles langues, apprendre n’a jamais été aussi accessible.

Deuxièmement, la gestion du temps d’apprentissage n’a jamais été si flexible. Prenez ces trois situations : un étudiant universitaire qui travaille à temps partiel peut suivre un cours en ligne de chez lui le dimanche matin; un professionnel peut consacrer 20 minutes à l’écoute d’une capsule de vente sur le système de gestion de l’apprentissage (LMS) de son entreprise, et ce, sur son téléphone intelligent alors qu’il voyage en train; et enfin un retraité peut participer de chez lui à un MOOC sur le développement durable. C’est vous qui décidez du sujet, du moment et du lieu de votre apprentissage.

Troisièmement, les employeurs ne recherchent plus qu’un diplôme ou une moyenne cumulative élevée lorsqu’ils embauchent un candidat. En 2013, le vice-président de Google, Laszlo Bock, a déclaré en entrevue dans le New York Times que « (…) les G.P.A. ne servent à rien en tant que critère d’embauche, et les résultats de tests sont inutiles… Nous avons constaté qu’ils ne peuvent rien prédire. » Dans un article plus récent, le New York Times a également rappelé l’une des valeurs principales auxquelles Google accorde beaucoup d’importance dans son processus de recrutement : « L’élément numéro un que nous recherchons est l’habileté cognitive générale, et il ne s’agit pas du Q.I. C’est la capacité d’apprentissage. C’est la capacité à apprendre sur le tas. C’est la capacité à traiter des bribes d’informations disparates ».

L’autoapprentissage et la main-d’œuvre de demain

Pour une entreprise qui évolue au sein d’une industrie changeante, les employés capables d’apprendre, de s’adapter et d’évoluer selon les besoins de l’organisation sont d’une valeur inestimable. De manière plus générale, dans une économie fondée sur la connaissance, je pense que de plus en plus d’employeurs adopteront une approche similaire à celle de Google en ce qui concerne l’embauche, et cela rejoint directement l’autoapprentissage.

Alors que par le passé les employés apprenaient surtout « sur le tas » tout en acquérant de l’expérience, les attentes actuelles des employeurs se portent davantage vers une main-d’œuvre qui démontre activement sa capacité et son intérêt pour la formation continue et l’autoapprentissage.

Maintenantimaginezvoustenterdedéveloppervoscompetencessansaccèsausavoir!

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Guillaume Perron

Auteur:
Guillaume Perron

Chef des affaires commerciales @KnowledgeOne. Évangéliste. Geek et papa. Philanthrope armé de chocolat noir. Repousse ses limites physiques.