Rapide, polyvalent, attrayant, le microapprentissage (ou microlearning) est une tendance lourde en formation en ligne. Ce mode d’apprentissage qui fragmente le savoir en « petites bouchées » prend désormais des formes innovantes pour servir les cours en ligne plus structurés. En phase avec nos habitudes technologiques, nos modes de consommation d’information et nos dispositions d’apprentissage, ses possibilités semblent fort prometteuses. Gros plan sur le microapprentissage!

1. Droit au but!

Le microapprentissage ne se résume pas à découper une formation en ligne en plusieurs courts modules. S’il est vrai qu’il permet de morceler une formation longue en courtes unités (ou modules ou capsules), il s’agit d’une approche ayant son propre son fondement et son propre objectif. Basé sur la répétition et la participation, on y recourt pour informer sur un sujet précis et viser un résultat (comportement, compétence, etc.) déterminé.

 Ses séances peuvent varier de quelques secondes à 15 minutes tout au plus, mais elles durent le plus souvent de 2 à 7 minutes. Elles peuvent prendre diverses formes, par exemple : de courtes vidéos démonstratives, des questionnaires à choix multiples soumis par texto ou encore des rappels de notions envoyés par courriel.

Le microapprentissage peut se présenter sous forme d’unités indépendantes ou de séries d’unités interreliées sur le fond ou sur la forme, qui peuvent être complémentaires ou non à une formation longue. Il est particulièrement indiqué pour apporter une réponse précise à un besoin immédiat de l’apprenant, trouver une solution à un problème donné, mettre à jour certaines connaissances, approfondir un aspect, intégrer un changement ou encore s’exercer à une pratique.

2. Hyperflexible

Le microapprentissage est un mode d’apprentissage hyperflexible qui se suit en ligne à son rythme, en tout temps et en tous lieux, sur le support de son choix : ordinateur, tablette ou téléphone intelligent – cet appareil qui nous suit désormais partout. Puisque les séances sont brèves, il devient aussi plus facile dans nos vies effrénées de leur réserver un moment.

Conçu au départ pour l’apprentissage informel, le microapprentissage se prête aujourd’hui à plusieurs aspects de l’apprentissage formel (dispensé dans un contexte organisé et structuré). Il peut l’enrichir en développant des notions spécifiques liées au cours principal, en testant l’apprenant ou encore en créant des outils de rappel ou de soutien à la performance. Pour les besoins d’un apprentissage mixte, le microapprentissage se combine bien à la formation en face à face, tout comme il peut être intégré à diverses autres solutions telles que la ludification, le jeu sérieux ou l’apprentissage personnalisé.

S’il peut traiter de sujets très diversifiés, il arrive que le microapprentissage ne représente pas la solution optimale. C’est le cas notamment pour des formations très complexes ou dont il apparaît clairement qu’elles seront mieux servies par une seule et plus longue unité d’apprentissage.

3. En petits « morceaux », c’est plus digeste!

En contrepartie des bénéfices qu’elles nous procurent, nos activités numériques réduisent notre capacité d’attention. Selon une étude de Microsoft, notre faculté à rester concentré serait aujourd’hui moindre que celle du poisson rouge, qui peut atteindre jusqu’à 9 secondes… Si ces chiffres peuvent être mis en doute — d’autres évaluent à environ 10 minutes la capacité d’attention optimale du cerveau — il y a un consensus à l’effet que nos cerveaux « numériquement modifiés » sont de plus en plus poreux aux distractions qui nous assaillent.

Sachant que l’attention est la porte d’entrée de tout apprentissage, cet état de fait représente un enjeu majeur dans le domaine de la formation. À défaut de pouvoir le renverser, le microapprentissage semble y être particulièrement adapté.

En effet, les apprentissages courts et répétitifs aideraient à lutter contre la dispersion d’attention tout en augmentant la compréhension et la rétention à long terme. Le fait qu’un apprentissage soit court ou découpé en plus petites unités distanciées dans le temps pourrait aussi avoir une incidence positive sur la motivation et l’engagement de l’apprenant de même que sur ses chances d’aller jusqu’au bout de la formation.

4. Une formule gagnante pour l’entreprise

Plus rapide à concevoir et à mettre à jour qu’une formation longue, le microapprentissage peut s’avérer un choix judicieux pour les entreprises. Que ce soit pour informer à petites doses le nouvel employé sur les politiques internes, pour stimuler l’esprit d’équipe, ou encore pour expliquer le fonctionnement de machines. Dans ce dernier cas, par exemple, l’apprentissage pourrait prendre la forme de capsules vidéos qui s’activent sur tout téléphone intelligent à l’intérieur du périmètre d’une machine donnée.

Au-delà de ces avantages techniques, le microapprentissage peut devenir pour une entreprise une façon de démontrer qu’elle valorise l’innovation de même que la formation de ses employés, tout en restant respectueuse de leur temps et de leur autonomie. Le microapprentissage a tout pour séduire les milléniaux, qui seront bientôt majoritaires sur le marché du travail, mais aussi les autres travailleurs. C’est que tous ont sensiblement le même rythme de vie et utilisent au quotidien les mêmes technologies mobiles et le web 2.0. C’est sans compter qu’aucun n’est contre l’idée de rentabiliser son temps et ses efforts, de jouir d’une certaine flexibilité et, autant que possible, d’avoir du plaisir en apprenant.

Ajoutons enfin que le microapprentissage peut favoriser l’instauration d’une culture de formation continue puisque son modèle « plus léger » permet de proposer des formations sur une base régulière, qu’elle soit mensuelle, hebdomadaire ou même quotidienne.

Types de contenus

 Voici les principaux types de contenus intégrables au microapprentissage :

 Vidéo ou audio

Animation basée sur du texte, animation sur tableau blanc, animation vidéo, baladodiffusion, scénario à parcours ramifié, séminaire, vidéo narratif ou explicatif, vidéo d’expert, webdiffusion.

Lecture

Document PDF interactif ou non, infographie interactive ou non, texte numérique.

Mobile

Applications mobiles diverses notamment pour tester les connaissances ou les habiletés.

Catherine Meilleur

Auteure:
Catherine Meilleur

Rédactrice de contenu créatif @KnowledgeOne. Poseuse de questions. Entêtée hyperflexible. Yogi contemplative.