La motivation est cet élan qui nous pousse à agir et penser d’une façon ou d’une autre, un processus tant cognitif qu’émotif, influencé par une conjonction de facteurs qui nous sont intérieurs comme extérieurs. En apprentissage, la motivation est une condition sine qua non pour en arriver à s’investir, à s’engager dans un parcours de formation traditionnel ou en ligne. Que vous soyez apprenant ou impliqué dans la conception de formations, voici quelques points à connaître pour prendre la mesure de son importance!

La motivation en bref. La motivation se définit comme un « processus psychologique responsable du déclenchement, du maintien, de l’entretien ou de la cessation d’une conduite. Elle est en quelque sorte la force qui pousse à agir et penser d’une manière ou d’une autre » (Universalis). Il y a consensus pour dire que la motivation repose sur l’interaction de facteurs intrinsèques (ou internes) et extrinsèques (externes).

En simplifiant, on peut dire que les facteurs de motivation intrinsèques sont propres à l’individu, qu’ils se rapportent à la représentation qu’il se fait de lui-même et de la situation, au plaisir et à la satisfaction qu’il tire d’une activité, alors que les facteurs de motivation extrinsèques se réfèrent au contexte d’apprentissage, aux moyens qui peuvent l’inciter à atteindre un but.

La motivation intérieure : plus importante? Si certains avancent que le moteur de l’engagement et de la réussite de l’apprentissage se trouve dans la motivation intrinsèque (Schunk, Meece et Pintrich, 2014), d’autres voient la motivation extrinsèque comme étant tout aussi importante pour stimuler et soutenir la participation, en particulier en formation en ligne (Selvi, 2010). Les résultats de l’étude Motivating factors in online courses (Selvi, 2010) attestent que les facteurs de motivation extrinsèques augmentent la motivation des étudiants dans un environnement de formation en ligne.

Le pouvoir du sentiment d’autonomie. En fait, il existe une interaction en ces deux formes de motivations, que la théorie de l’autodétermination (TAD) (Ryan et Deci, 2000) notamment décrit comme un continuum d’autodétermination qui passe d’une régulation — d’un contrôle — externe (motivation extrinsèque) à une régulation interne (motivation intrinsèque).

Selon cette théorie, plus l’individu perçoit que la situation lui permet d’être autonome et de faire des choix, plus son sentiment d’autodétermination — à décider par lui-même — est renforcé, ce qui favorise sa motivation intrinsèque. Plus l’apprenant est « autodéterminé » plus il se sent compétent, ce qui contribue à ce qu’il reste motivé et persévère dans son parcours d’apprentissage. C’est la motivation intrinsèque qui serait la plus « autodéterminée ».

L’action motivée. Les neurosciences viennent de jeter un nouvel éclairage sur le rapport entre cognition et émotion, deux composantes inhérentes à l’engagement. Alors qu’on a longtemps cru que ces systèmes étaient soit complètement distincts soit que l’un (la cognition) régulait l’autre (l’émotion), les dernières recherches indiquent plutôt que leur fonctionnement est intimement lié (voir L’importance des émotions dans l’apprentissage). Comme le résume le professeur et chercheur de l’Université de Sherbrooke Gerardo Restrepo (2014) : « Le processus d’intégration des émotions et de la cognition se fait de façon progressive dans plusieurs structures du cerveau. L’intégration permet à ces deux sous-fonctions, séparées au départ, d’émerger pour bâtir une fonction plus complexe et générale ».

Ainsi, comme le précise Restrepo, les deux composantes seraient d’égale importance dans l’élan qui incite à l’action : « Émotion et cognition s’unissent pour former l’action motivée. L’émotion ne doit plus jamais être conçue comme système subordonné de la cognition ».

L’état de flow. Appelé « flux » en français, le flow désigne « un état psychologique de profond bien-être, de concentration et de motivation intenses, qui est atteint lorsqu’une activité constitue un défi perçu comme étant égal ou légèrement supérieur aux habiletés que l’on possède » (Grand dictionnaire).

Cet état qui s’accompagne d’un sentiment de parfaite maîtrise de l’action, aussi désigné comme l’émotion de l’expérience optimale, est selon Gaëlle Molinari et ses collaborateurs (2014), « à la fois une des conséquences de l’engagement, et une des conditions majeures de la persistance, notamment via le désir (parfois même le besoin) d’un réengagement dans l’activité en raison du bien-être qu’elle procure en tant que telle » . Le concept qui a d’abord servi à expliquer l’état d’esprit de sportifs dans la victoire a par la suite été repris dans divers contextes.

L’EduFlow. Adapté au domaine de l’éducation, le concept d’EduFlow (Heutte et al. 2016) se déploie en quatre dimensions : le contrôle cognitif, l’immersion et l’altération de la perception du temps, l’absence de préoccupation à propos du soi et l’expérience autotélique. Ce dernier terme pouvant être compris comme une expérience qui est entreprise uniquement pour ce qu’elle est, pour le bien-être qu’elle procure.

L’absorption cognitive. Le concept du flow a aussi inspiré la théorie de l’absorption cognitive (AC) visant à décrire l’immersion dans les contextes d’usage d’interfaces électroniques. Utilisée par la suite pour évaluer l’immersion dans les jeux sérieux, l’AC est décrite par Jean Heutte et ses collègues (2012) comme « l’une des variables fondamentales du rapport au savoir, de la motivation à apprendre et surtout de la persistance à vouloir comprendre ».

Catherine Meilleur

Auteure:
Catherine Meilleur

Rédactrice de contenu créatif @KnowledgeOne. Poseuse de questions. Entêtée hyperflexible. Yogi contemplative.